ORGANISER UNE COLLECTE
Planification, conditionnement, déroulement, transport
Un gisement local de films plastiques agricoles usagés (FPAU) est principalement caractérisé par le type de plastiques, et par leur dispersion géographique. Ces deux paramètres sont liés à l’activité agricole locale. En effet, si nous trouvons des zones géographiques où la concentration des films de serres est importante, en lien avec les activités légumières ou l’horticulture (Sud-Est, vallée de la Garonne), en règle générale les films d’ensilage sont dispersés sur un territoire plus vaste, en lien avec l’élevage bovin (Grand Ouest, Massif Central).
Au delà du type de plastiques et de leur concentration, les contraintes logistiques (regroupement, compactage) seront spécifiques à chaque région. En fonction de cette réalité locale, les moyens à mettre en œuvre seront différents : transport, regroupement, matériel, personnel.
Ces pages permettront à l’organisateur local des collectes de fixer des idées importantes, de profiter des expériences réussies, et de puiser des références dans une « boîte à outils ».
La préparation d’une collecte de FPAU passe par deux types d’actions : les travaux préparatoires ponctuels, menés une fois pour toutes afin d’identifier le contexte de la collecte.
Puis les travaux réguliers menés chaque année pour relancer l’organisation et la communication d’une opération. Ces schémas ne représentent pas une collecte locale spécifique mais s’inspirent de plusieurs expériences.
Les périodes de l’année proposées ne calent donc probablement pas avec toutes les situations locales…
L’objectif est d’identifier les étapes importantes et de proposer quelques touches d’expertise issues du vécu des réseaux agricoles, Chambres d’Agriculture et CUMA.
Phase 1 : connaissance du terrain et des acteurs
Travaux préparatoires
Nature
Description
Etude préalable
Identification du gisement
Types de plastique
Volumes concernés (utilisation de ratios)
Localisation des volumes
Contacts locaux
Identification
des acteurs potentiels
Acteurs organisationnels :
pour le conditionnement (mise en balle, presses mobiles…)
pour le chargement et le transport ver les points de regroupement
pour la gestion du regroupement (déchèteries ou distributeurs)
pour l’évacuation vers les voies de valorisation (prestataires)
Acteurs financiers :
collectivités territoriales
Agences
Fonds Européens
Phase 2 : minutage de l’organisation annuelle
Pointez la souris sur une terre pour connaître
les différentes étapes pour organiser
une collecte
Période : Décembre - Février
Description :
Recherche des prestataires
Conditions des collecteurs et éliminateurs
Partenaires financiers éventuels
Idée : s’inscrire à une bourse locale des déchets, gérée par la Chambre de Commerce et d’Industrie ; des collecteurs peuvent ainsi être identifiés
Période : Février
Description :
Planification du schéma
Choix des dates
Choix des points de collecte
Choix des prestataires
Signature des conventions
Idée :
caler les dates de collecte sur la semaine du développement durable (juin, souvent) pour profiter de la médiatisation, et ainsi à la fois assurer une meilleure sensibilisation des agriculteurs et une valorisation de la démarche agricole de recyclage…
Période : Avril
Description :
Communication
Affiches et articles de journaux via les médias et structures agricoles : syndicats, Lycées Agricoles, Chambre d’Agriculture, MSA ,…
Idée :
communiquer également sur la recyclabilité des PAU, pendant l’année, au moment où le plastique finit d’être utilisé (= au moment où le déchet est créé) ; ainsi les agriculteurs peuvent stocker ces déchets, en attendant la collecte quelques mois plus tard. Un autocollant de sensibilisation, délivré à chaque vente de plastique, peut aussi remplir cet objectif.
Période : Mai - 15 jours avant la collecte
Description :
Rappel de communication
Nouveaux articles de journaux
Idée :
Période : Juin
Description :
Collecte
Préparation des plastiques
Apport des agriculteurs sur des points de proximité
Transport vers des points de regroupement
Transport vers les sites de traitement
Idée : communiquer sur la propreté des plastiques à apporter aux points de proximité
accélérer les flux : le transport des plastiques depuis les différents points de proximité et de regroupement doit être rapide ; plus les délais sont longs, plus les acteurs concernés par ce stockage risquent de se démobiliser
Conditions des collecteurs et valorisateurs
Partenaires financiers éventuels
Février
Planification du schéma
Choix des dates
Choix des points de regroupement
Choix des prestataires
Signature des conventions
Avril
Communication
Affiches et articles de journaux via les médias et structures agricoles ,syndicats, Lycées Agricoles, Chambre d’Agriculture, MSA ,…
15j avant collecte
Rappel de communication
Nouveaux articles de journaux
Juin
Collecte
Préparation des plastiques
Apport des agriculteurs sur des points de proximité
Transport vers des points de regroupement
Transport vers les sites de valorisation
De l’agriculteur jusqu’au point de regroupement, voire jusqu’aux unités de valorisation, on découpe l’organisation d’une collecte en plusieurs étapes.
La préparation des plastiques par l’agriculteur
Les bonnes pratiques de dépose sont un élément de réussite. Il faudra dans la mesure du possible éviter le ramassage en période humide, procéder à un brossage ou à un secouage…De plus, les autres polluants tels que papier, adhésifs, cailloux, bois, ferraille, pneus, végétaux sont à proscrire.
Point clé = propreté des plastiques, condition essentielle d'une bonne valorisation
Le stockage des plastiques agricoles usagés
Le stockage permanent des plastiques agricoles usagés est régi par la rubrique 98bis de la nomenclature des ICPE. Le stockage temporaire relève de la circulaire DPPR/SDPD n°00926 du 05 juillet 2001 (non publiée au JO).
Le point de proximité : conditionnement et stockage temporaire des plastiques (Caractère facultatif de ce point de proximité)
Sur une parcelle agricole
Chez le distributeur
En déchèterie
Le point de regroupement : conditionnement
Chez un distributeur
Dans une déchèterie
Point clé = une évacuation rapide des stocks depuis le point de regroupement
Les différentes techniques de conditionnement
Le conditionnement facilite à la fois le stockage, le transport et la traçabilité des FPAU.
Le vrac
C’est évidemment la forme la plus simple sachant qu’il s’agit d’un vrac d’éléments unitaires tels que des bâches pliées, des petites bobines … Ce vrac peut servir soit à remplir des bennes dans lesquelles sera assuré le transport, soit à alimenter une presse à balles. Un transport de bennes en vrac (bâches) est chargé entre 12 et 16 tonnes de produits pliés.
La presse à balles
Actionnée par un système hydraulique, les plus importantes permettent de réaliser des balles jusqu’à m 2,2 x 0,8 x 0,8.
C’est le système permettant de réaliser la meilleure densification des FPAU.
Les presses à balles peuvent s’avérer nécessaires pour les films de forte épaisseur en fonction des conditions de stockage et de la distance à parcourir jusqu’au lieu d’élimination
Un transport de balles est chargé entre 20 et 23 tonnes.
Bobine à la dépose – dérouleuse
Utilisable pour ramasser les films fins du type paillage. Permet de réaliser des bobines moyennement serrées. Des brosses peuvent être disposées en amont du bobinage.
Ces bobines, d’un taux de salissure élevé, ne nécessitent pas de compactage intermédiaire supplémentaire. En revanche, les installations de valorisation ne devront pas être, si possible, trop éloignées du lieu de collecte.
Round baller
Le round baller à chambre variable peut être utilisé pour mettre en balle des films de forte épaisseur, notamment les bâches d’ensilage.
Dans ce cas de figure, un chargement peut représenter entre 15 et 20 tonnes de plastique.
Les balles réalisées doivent être généralement transportées sanglées sur des véhicules à plateaux ce qui peut être un élément excluant l’utilisation de certaines voies, notamment les autoroutes.
Les contraintes liées au transport
Les transports de déchets sont soumis sous certaines conditions à déclaration selon le décret 98-689 du 30 juillet 1998.
L’estimation du tonnage d’un gisement de plastiques agricoles usagés peut être approchée par des ratios fonction de la superficie de culture concernée (hectares de maraîchage, ou herbe et maïs destiné à l’ensilage, mètres carrés de serre…).
Une estmation peut être réalisée à partir des ratios ci-après. Cette estimation doit être considérée avec toutes les précautions d'usage car les ratios proviennent d'une estimation globale et moyenne sur l'ensemble du territoire. En fait, les conditions locales peuvent influencer considérablement les coûts.
Coûts proportionnels (2007) :
transports : 0,18 € HT à la tonne kilomètre pour des chargements unitaires de 10-12 T et un parcours d'environ 300 kilomètre,
conditionnement : 40 € HT par tonne,
contribution à la valorisation
Attention : on transporte, conditionne, valorise des FPAU. Cela signifie qu'il faut, à partir d'une estimation de gisement de films plastiques agricoles, estimer le tonnage de FPAU collectable à partir des coefficients d'équivalence mentionnés dans la rubrique "Chiffres clés".
Le transport est celui du lieu de regroupement jusqu'à l'unité de valorisation.
Une contribution au coût de valorisation peut être demandée par les sociétés valorisatrices afin de leur permettre d'écouler économiquement les produits provenant du traitement des FPAU.
Quand les conditions technico-économiques le permettent, cette contribution peut être un produit.C'est ce qui prévaut depuis fin 2006 les valorisateurs prenant en charge au minimum le transport.
Coûts non proportionnels (2007) :
information : coût à la journée/homme (environ 300 €),
communication : affiches, annonces dans la presse, dépliants,
animation : coût à la journée/homme (environ 300 €).
Supports de communication
La bonne organisation d'une collecte repose sur une communication efficace vers les agriculteurs. A cette occasion, des dépliants et affiches sont régulièrement édités, et des articles de journaux publiés, afin d'assurer une sensibilisation maximale.
Vous trouverez ici plusieurs exemples de ces supports de communication.
Les pictogrammes utilisés dans les exemples du Maine-et-Loire et de la Loire-Atlantique sont propriété de la Chambre Régionale d'Agriculture des Pays-de-la-Loire, qui se propose de les mettre gracieusement à disposition des organisateurs locaux de collectes.